Interview d’Agnès Bricard sur BFMTV à propos de la parité dans les conseils d’administration

 

Les obstacles à la parité dans les conseils d’administration sont encore nombreux. Pourtant la présence de femmes peut avoir un intérêt économique.

Les lois sur la parité ont permis des progrès dans les entreprises du CAC40. La part des femmes au sein des conseils d’administration y a triplé depuis 2009 pour atteindre 34,1% en 2015, même si aucune femme ne dirige encore une de ces entreprises. La part de femmes décroît en revanche avec la capitalisation boursière. Dans les entreprises non cotées visées par la loi de 2011 (voir encadré plus bas), la part de femmes dans les conseils était de seulement 14,2% en 2015, indique un rapport du Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes (HCEfh) et le Conseil supérieur de l’égalité professionnelle (CSEP) publié mercredi.

Comment expliquer cette longue mise en place de la parité? Les clichés ont la vie dure, selon la secrétaire générale du Conseil supérieur de l’égalité professionnelle. « C’est toujours pareil, quand on parle d’égalité on se dit ‘mais où va-t-on trouver les femmes’? », explique Brigitte Grésy.

Un SAV de la loi

La Fédération des femmes administrateurs s’est donné pour mission de répondre à cette question. Elle accompagne et forme des candidat(e)s au poste d’administrateur et les suit les premiers temps de leur mandat. Elle travaille également avec les président(e)s d’entreprises de taille intermédiaire, cotées ou non, dans leur recherche d’administratrices pour leur conseil d’administration (CA).

« Une fois la loi fixée, il me semblait qu’il fallait un service après-vente et avec un certain nombre de femmes on a décidé de créer un fichier type de femmes parce qu’il est important de les connaître ces femmes. Dans les profils que souhaitent les chefs d’entreprises, il est apparu qu’il fallait professionnaliser le statut d’administrateur », explique sa présidente, Agnès Bricard.
Un intérêt économique

Cet annuaire regroupe différentes professions allant des cheffes d’entreprises aux avocates, ingénieures ou spécialistes du marketing. Ainsi il ne s’agit pas de placer une femme pour simplement respecter la loi, mais de choisir un administrateur qui a de vrais atouts, ce qui » donne du sens au statut d’administrateur », explique Agnès Bricard. La part des femmes dans les entreprises non cotées est de 14% seulement dans les CA, et « principalement des héritières ».

Agnès Bricard rappelle que, outre la lutte pour la parité, de nombreuses études ont prouvé que l’intérêt était aussi économique. Une étude du Think Tank Peterson Institute for International Economics et du cabinet d’audit Ernst & Young vient de le rappeler. Dans les firmes qui comportent au moins 30% de femmes dans leur corps dirigeant, on observe une augmentation de la marge bénéficiaire nette de 6%.

Que dit la loi?
En 2011, la loi Copé-Zimmermann a imposé aux groupes français cotés et aux sociétés réalisant au moins 50 millions d’euros de chiffre d’affaires et employant plus de 500 salariés d’avoir 20% de femmes dans leurs conseils d’administration d’ici à 2014, et 40% d’ici à 2017.

 

Source : BFMTV

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