nov
02
2008
Alors que l’Assemblée nationale vient d’adopter un amendement visant à accorder un visa fiscal aux experts-comptables, Agnès Bricard réaffirme avec force les arguments qu’elle avait publiés dans la Tribune du 13 mai 2008.
4 raisons de dire non au visa fiscal pour les experts-comptables :
- Les petits cabinets ne pourront pas s’organiser compte tenu des contraintes lourdes exigées par l’Administration fiscale, à l’instar de celles que doivent aujourd’hui respecter les OGA. Une profession à deux vitesses verra le jour, les grands cabinets étant structurés pour pouvoir profiter de cette mesure s’ils le souhaitent.
- Des prestations à de très petits prix qui correspondent aux cotisations annuelles des OGA, soit environ 150 euros par an. Seuls les cabinets importants pourront les assumer en tant que produit d’appel.
- Des conflits d’intérêt entre le fabricant de comptes qu’est l’expert-comptable et le contrôleur qu’il doit devenir au regard de l’Administration fiscale. On ne peut pas simultanément faire et contrôler ! Que vont devenir les prestations de conseil des experts-comptables dans le domaine fiscal ? Veut-on prendre le risque qu’elles soient transférées aux avocats ?
- Une confusion d’image pour le public entre un conseil généraliste qu’est l’expert-comptable et un auxiliaire de l’Administration fiscale auquel l’expert-comptable risque d’être assimilé dès lors qu’il aurait un visa fiscal.
2 raisons de dire non à la transformation des CGA en AGC :
- De nouveaux concurrents importants vont apparaître, notamment pour les petits cabinets et les jeunes experts-comptables qui s’installent.
- En industrialisant la tenue de comptabilité, les AGC risquent de faire disparaître l’apport libéral de l’expert-comptable.





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Pourquoi :
En ma qualité de Président d’un C.G.A. situé à Marseille (C.G.A.13) ayant à ce jour un peu plus de 7.000 adhérents,je puis affirmer haut et fort que la délivrance du « Visa fiscal » aux professionnels libéraux serait une énorme erreur et contribuerait à une « auto-destruction » de la profession.
Nous sommes un Centre d’Experts-Comptables ,créé à l’origine par des E.C., géré par des E.C.ET il n’entre nullement dans nos intentions de diverger dans nos opinions et d’envisager une quelconque transformation en A.G.C.,ce qui constituerait ,à mes yeux ,le reniement de notre activité et la dévalorisation d’un diplome dont le contenu est sans aucun doute un des meilleurs parmi les autres pays européens.
Pour ces raisons il faut soutenir l’engagement de Agnès BRICARD et de ce fait le programme de ECF.
Lorsque j’étais au service juridique du Tribunal de Commerce de Paris chargé d’une part de la mise en place du site Internet du Greffe du Tribunal de Commerce de Paris et d’autre part de la mise en œuvre de la signature électronique, j’ai eu plaisir à collaborer avec Agnès Bricard lors de la mise en place du portail http://www.jedeclare.com et du Centre d’Information sur la Prévention (CIP) des difficultés des entreprises.
Agnès regorge d’énergie et de pugnacité qui font aller ses partenaires de l’avant. Elle fourmille d’idées innovantes et passionnantes.
Eric LABONNE
Gérant L & L Consultants Associés
Je crois que la profession d’expert comptable libéral n’aura bientôt plus aucun sens.
Nous sommes de plus en plus confrontés aux empiètements de diverses professions dans notre domaine, et en même temps on nous accorde (en apparence) des miettes pour faire passer la note.
Je ne vois plus l’intérêt de payer des cotisations à l’ordre si toutes nos prérogatives sont grignotées peu à peu.
Si on ne veut plus que de grands cabinets, il faut le dire tout de suite et réinventer une sous-catégorie (comme autrefois les comptables agréés) pour les petits, qui seront amenés à disparaitre rapidement du fait des dispositifs NACRE, VISA FISCAL et autres à venir.
De toute façon de la même manière que l’Urssaf fait des paies (alors même que sur leur site ils sont incapables de calculer la réduction FILLON), pourquoi ne pas confier les petites comptabilités directement aux services fiscaux ?